Noms de la danse

Nicole Guitton


Née à Paris dans le 17ème arrondissement, Nicole commence la danse à 4 ans à CHATOU (ville des Impressionnistes et des Fauves, dans la région parisienne). Elle a 5 ans quand elle danse pour la première fois à la Salle Pleyel. La même année, elle présente la collection « Mondiale Nurseries » au Grand Palais à Paris.

Dès l’âge de 8 ans, ses parents voyant sa passion pour la danse l’orientent vers un professeur de l’Opéra de Paris : Maître Pierre DUPRE de l’Opéra, elle suivra une fois par semaine un cours de danse classique jusqu’à son adolescence. Elle va côtoyer ainsi de futurs grands danseurs comme Noëlla PONTOIS, Patrice BART, etc… Elle fera, par ailleurs, des études de solfège et de piano.

Bien décidée à devenir danseuse, Nicole arrêtera ses études générales à 15 ans, pour suivre une formation professionnelle avec des Maîtres de l’Opéra de Paris : Yves BRIEUX, Serge PERETTI, Raymond FRANCHETTI.

La transmission de la Danse:
Est-elle un acte généreux qui a pour but de faire partager notre désir de communiquer par le geste, le mouvement, est-elle une tâche toute à la fois difficile, risquée, enrichissante pour notre évolution sociale et culturelle, ou est-elle une étape « clef » du développement physique et psychique de l’individu ?

Suis-je capable de provoquer et d’éveiller chez l’élève cette envie de danser et en suite me déposséder de cette naissance ?
Suis-je capable, d’affirmer ma différence, mes connaissances, mon savoir faire, ma carrière artistique, sans me couper de la relation pédagogique avec mes élèves ?


La Pédagogie :
Du Grec « paidogôgia » qui conduit les enfants sur le chemin de la connaissance.

La pédagogie est une science de l’éducation, mais elle ne peut être ni exacte, ni figée. Elle exige de la réflexion, des partis pris, des contradictions, des ruptures, sans occulter d’anciennes méthodes.
La pédagogie est un jeu et comme tous jeu elle comporte des risque «perdre ou gagner», ce sont les règles; elle doit être aussi le MOTEUR de l’envie d’apprendre.

Carolyn Carlson

Née en Californie, Carolyn Carlson se définit avant tout comme une nomade. De la baie de San Francisco à l’Université d’Utah, de la compagnie d’Alwin Nikolais à New York à celle d’Anne Béranger en France, de l’Opéra de Paris au Teatrodanza La Fenice à Venise, du Théâtre de la Ville à Helsinki, du Ballet de l’Opéra de Bordeaux à la Cartoucherie de Paris, de la Biennale de Venise à Roubaix, Carolyn Carlson est une infatigable voyageuse, toujours en quête de développer et faire partager son univers poétique.
Héritière des conceptions du mouvement, de la composition et de la pédagogie d’Alwin Nikolais, elle est arrivée en France en 1971. Elle a signé l’année suivante, avec Rituel pour un rêve mort, un manifeste poétique qui définit une approche de son travail qu’elle n’a pas démenti depuis : une danse assurément tournée vers la philosophie et la spiritualité. Au terme « chorégraphie », Carolyn Carlson préfère celui de « poésie visuelle » pour désigner son travail. Donner naissance à des œuvres témoins de sa pensée poétique, et à une forme d’art complet au sein de laquelle le mouvement occupe une place privilégiée.
Depuis quatre décennies, son influence et son succès sont considérables dans de nombreux pays européens. Elle a joué un rôle clef dans l’éclosion des danses contemporaines françaises et italiennes avec le GRTOP à l’Opéra de Paris et le Teatrodanza à La Fenice. Elle a créé plus d’une centaine de pièces, dont un grand nombre constituent des pages majeures de l’histoire de la danse, de Density 21,5 à The Year of the horse, de Blue Lady à Steppe, de Maa à Signes, de Writings on water à Inanna. En 2006, son œuvre a été couronnée par le premier Lion d’Or jamais attribué à un chorégraphe par la Biennale de Venise. Elle est aussi commandeur des Arts et Lettres, et officier de la Légion d’honneur.
Fondatrice de l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson à La Cartoucherie en 1999, elle a été, avec la Carolyn Carlson Company, artiste associée au Théâtre National de Chaillot de 2014 à 2016. En 2017, en parallèle du cœur d’activité de la compagnie axé sur la diffusion, de nouvelles formes de créations voient le jour : une exposition pour les musées, un long-métrage dansé pour le cinéma… 

Martha Graham

Danseuse et chorégraphe américaine (Pittsburgh, Pennsylvanie, 1894-New York 1991).
Créatrice de près de deux cents œuvres chorégraphiques, Martha Graham fut une des figures de proue de la modern dance, qui, dès les années 1930, proposa un nouveau langage gestuel. Son art tend à être en complète communion avec l’homme à travers son corps et ses sentiments.
ET LA MODERN DANCE FUT
Fille de médecin psychiatre, Martha Graham est âgée de 14 ans lorsqu’elle suit sa famille qui s’établit en Californie. En 1911, elle y a la révélation de sa vocation de danseuse en voyant sur scène Ruth Saint Denis. C’est précisément l’école que cette dernière vient de fonder avec son mari Ted Shawn (la Denishawn School) qu’elle choisit à sa sortie de l’université, en 1916. Pendant cinq ans, elle s’y familiarise avec les préceptes d’une danse qui épanouit le corps sans le contraindre et qui se veut l’expression des sentiments intérieurs de l’homme. Cette manière d’exalter la vie se rapproche du courant expressionniste incarné par Mary Wigman.
En 1926, Martha Graham fait ses débuts professionnels à New York, puis ouvre sa propre école de danse contemporaine et fonde la Martha Graham Dance Company, dans laquelle elle accueillera Merce Cunningham en 1939. Les premières pièces qu’elle crée et danse (Heretic, 1929 ; Lamentation, 1930 ; Primitive Mysteries, 1931 ; Frontier, 1935 ; Letter to the World, 1940) tracent les lignes de conduite qui seront celles de toute sa carrière. Rejetant le vocabulaire du ballet traditionnel, la chorégraphe fonde son langage sur la continuité du mouvement à partir d’un point central. Plus qu’une création, son style est une adaptation dansée de toute la gamme des impulsions naturelles (respiration, contraction, détente) qui sont à l’origine de nos actes. Sa technique, élaborée avec une extraordinaire économie de moyens, donne naissance au principal courant de la modern dance.
UN ART POUR LES HOMMES D’AUJOURD’HUI
D’abord adepte du dépouillement scénique, Martha Graham fait ensuite appel à des scénographes innovants, tel Isamu Noguchi, qui collabore à vingt œuvres majeures de la chorégraphe entre 1944 (Appalachian Spring) et 1988 (Night Chant). Travaillant aussi avec des compositeurs contemporains, elle se met en quête d’une forme théâtrale qui atteint son expression la plus réussie dans les transpositions qu’elle fait des grands mythes de la tragédie grecque (Cave of the Heart [sur Médée], 1946 ; Night Journey [sur Œdipe et Jocaste], 1947 ; Clytemnestra, 1958 ; Phaedra, 1962 ; Myth of a Voyage, 1973). Elle façonne ainsi des rôles d’héroïnes auxquelles elle déclare s’identifier « totalement ».
Rejointe par Paul Taylor dès 1955, Martha Graham s’associe à George Balanchine pour la création d’Episodes (1959), que dansent conjointement sa compagnie et le New York City Ballet. Malgré les ennuis de santé qui la forcent à quitter la scène en 1969, après avoir interprété Cortege of Eagles (1967), elle poursuit son activité créatrice, notamment pour Rudolf Noureïev et Margot Fonteyn (Lucifer et The Scarlet Letter, 1975). Elle reprend aussi sa compagnie en main (Acts of Light, 1981 ; The Rite of Spring, 1984 ; Temptations of the Moon, 1986 ; Maple Leaf Rag, 1990). La mort la surprend alors qu’elle est encore à l’ouvrage sur une composition (The Eye of the Goddess) destinée aux jeux Olympiques de Barcelone. Celle qui disait « je crée aujourd’hui pour les hommes d’aujourd’hui » avait fait paraître ses carnets de travail en 1973 (The Notebooks of Martha Graham).
LA CONVICTION AMÉRICAINE
Martha Graham resta toujours fidèle à sa décision de ne pas faire carrière en Europe comme danseuse, afin d’« apporter quelque chose en tant qu’Américaine ». Si son inspiration et sa dramaturgie plaident largement en faveur de cette promesse, il est une pièce chorégraphique, créée dès 1938, qui en fait plus particulièrement foi.
American Document se voit comme on tourne les pages d’un livre d’histoire. En six tableaux, Martha Graham offre un condensé plus conceptuel que chronologique de la formation des États-Unis. Elle part de la Déclaration d’indépendance, évoque les Indiens, les puritains, et termine son propos sur des textes du grand poète national Walt Whitman. Bref, un véritable « hymne de Thanksgiving (fête d’Action de grâce d’inspiration patriotique) » dit de cette œuvre l’historien de la danse Lincoln Kirstein (1907-1996).

Alvin Ailey

L’Alvin Ailey American Dance Theater est une compagnie de danse moderne basée à New York. Elle est fondée en 1958 par le danseur et chorégraphe afro-américain Alvin Ailey, décédé en 1989. La compagnie compte une trentaine de danseurs, sous la direction artistique de Robert Battle depuis 2011 et son directeur artistique associé Masazumi Chaya.
La compagnie Alvin Ailey American Dance Theater (AAADT) est créée en mars 1958
, année durant laquelle Alvin Ailey et sa troupe de danseurs font leur première performance à la Young Men’s Hebrew Association de New York. Alvin Ailey est à l’époque directeur de la compagnie, chorégraphe et danseur principal. La compagnie compte alors 7 danseurs et un chorégraphe, ainsi que de nombreux chorégraphes invités 1.
En 1960, la compagnie rejoint le Clarck Center for the Performing Arts en tant que membre résident.
En 1962, la compagnie, qui n’était alors composée que de danseurs afro-américains, devient multi-raciale. La même année, elle est choisie pour prendre part à la tournée « President’s Special International Program for Cultural Presentations » du Président John Fitzgerald Kennedy pour une série de représentations en Asie du Sud, en Asie Orientale et en Australie2.
En 1965, Alvin Ailey créée l’école de danse de la compagnie, qui déménage la même année à la Brooklyn Academy of Music. En 1966, l’école et la compagnie sont relocalisées à Manhattan, dans une église rénovée. Malgré des difficultés financières, la compagnie subsiste et donne sa première représentation au New York City Center en 1971, où elle est actuellement résidente.
En 1972, Masazumi Chaya rejoint l’Alvin Ailey American Dance Theater3.
En 1980, l’AAADT, l’Alvin Ailey Repertory Ensemble (actuellement connu sous le nom d’Ailey II) et l’école de danse Ailey School déménagent à Broadway.
À la mort d’Alvin Ailey, le 1er décembre 1989
, Judith Jamison lui succède en tant que directrice artistique. L’année suivante, Masazumi Chaya devient directeur artistique associé. Judith Jamison demeure à la direction de la troupe jusqu’en 2011, date à laquelle Robert Battle devient directeur artistique de la compagnie4.
Basée depuis les années 1990 sur la Neuvième Avenue à l’angle de la 55e rue, les bâtiments accueillent en plus des 30 danseurs permanents et des 12 danseurs de la Ailey II, la troupe junior dirigée par Sylvia Waters, plus de 300 cours par an auxquels participent 13000 étudiants.
En 2008, la compagnie reçoit un Bessie Award à New York pour les 50 ans de sa création, et leur tournée célébration durant la saison.
En 2009, pour clôturer leur tournée anniversaire, la troupe se rend à Paris pour les « Étés de la danse », elle donne 21 représentations qui attirent un total de près de 50 000 spectateurs4.

Peter Goss

En opposition avec l’apartheid qui règne dans son pays, il quitte l’Afrique du Sud à l’âge de 27 ans et se rend à Londres pour y étudier l’anthropologie et la danse. Il y commence une formation de danse, qu’il poursuit ensuite aux États-Unis.
Arrivé en France en 1969, il y crée sa propre compagnie et ouvre en 1981 une école réputée à Paris, qui jouxte le New Morning. Il est notamment le professeur de danse des acteurs de Patrice Chereau au Théâtre des Amandiers à Nanterre en 1984. De 1986 à 1992, sa compagnie est en résidence au Théâtre Paul-Éluard de Choisy-le-Roi. Depuis 1990, il est professeur de danse contemporaine au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. En 1993, il met un terme à ses activités de chorégraphe pour se consacrer à la formation des danseurs, notamment à micadanses [archive]
 à Paris.