Formation

Objectifs du programme

Ce programme a comme but d’assurer aux élèves une formation de qualité, avec des professeurs qualifiés et ayant une renommée internationale.

Notre objectif est que cette formation soit diversifié entre toutes les variantes et formes de danse, ainsi que les matières complémentaires comme l’histoire de la danse, anatomie, analyse fonctionnel du mouvement, formation musicale, interprétation et tant d’autres disciplines, sans exclure la pratique scénique très enrichissante pour le développement d’un artiste.

Nous voudrons donner la possibilité à nos élèves de pouvoir poursuivre des études supérieures toute en ayant la possibilité de continuer leurs formations en danse. Aujourd’hui le mot clé est : d’avoir le choix, d’où l’importance de la création d’une formation avec d’horaires aménagés en grande partie pendant les vacances scolaires, afin que nos élèves puissent avoir une pleine réussite aussi bien sur le plan scolaire qu’artistique.

Cycle 1

Objectifs :

– Approfondissement de la structuration corporelle et de l’expression artistique

– Acquisition des éléments techniques de base

– Découverte des œuvres chorégraphiques

 Contenu de l’enseignement :

– appréhension du mouvement dansé, des qualités d’intention, en relation au temps, à l’espace, à l’énergie, à la musique

– acquisition des bases de la technique de la danse en tant que langage, de la terminologie et de l’expressivité corporelle

– découverte conseillée des bases d’autres disciplines de danse

– mémorisation et interprétation de courts enchaînements

– atelier : approches pratique et/ou théorique : répertoires; improvisation ; composition ; relation musique- danse, initiation à l’anatomie et/ou approche de la connaissance du corps par l’analyse fonctionnelle du corps dans le mouvement dansé (AFCMD), notation du mouvement…

– formation musicale du danseur

 Activités complémentaires :

– approche de la culture artistique et chorégraphique par le biais de la rencontre avec des événements artistiques (spectacles, expositions, concerts…)

Durée de la présence de l’élève au sein du cycle : de 3 à 5 ans

Nombre de phases : au minimum 3

Age : à partir de 8 ans

Fourchette horaire hebdomadaire suggérée : de 3h30 à 6h00 (entre 112h et 192h annuels)

Variation Cycle 1 lien variation

Commentaire pédagogique  

La variation est conçue en 4 parties. La notion du « jeu » est fondamentale, l’idée étant de créer un dialogue virtuel avec un « autre » imaginaire qui va évoluer avec les différentes propositions rythmiques et mélodiques.

Les qualités dynamiques doivent être au service d’une rythmicité précise se jouant des temps contretemps et syncopes qui vont renforcer l’effet du jeu et de la surprise.

La relation à l’espace, les déplacements sont motivés par l’intention d’aller vers ou de quitter, le regard a donc une grande importance.

La 1ère partie suggère une invitation à jouer et la notion de swing crée une sorte de jubilation dans ce jeu de provocations ludiques ou de taquineries.

La deuxième partie encourage le « faire ensemble » dans une notion d’élan et de déplacement.

Le retour au temps calme, l’adage, permet d’explorer 3 qualités dynamiques le balancé, le mouvement continu avec la main qui tourne grâce à un cercle du poignet initié par le majeur à la manière des danseurs de flamenco et la tête, quant à elle, marque 3 accents impactés.

Retour au plaisir avec la partie rythmique qui incite à créer un jeu de questions réponses avec le rythme et cet « autre » virtuel.

La dernière partie enchaîne une série de pas de bases dans une certaine vitesse qui se termine dans un grand saut qui symbolise la fin du jeu et du plaisir de ce partage.

La fin du cycle 1 détermine la fin d’une étape importante pour l’élève où les éléments fondamentaux et techniques devront être mis en place, il s’agit là de les mettre au service d’une intention.

Les suggestions précisées plus haut sont des outils d’accompagnement à l’interprétation il s’agira de garder à l’esprit la notion de jeu et de plaisir. 

Magali COZZOLINO

Cycle 2

Objectifs :

– Prise de conscience de la danse comme langage artistique

– Familiarisation avec les œuvres chorégraphiques

– Initiation à l’endurance

– Capacité à s’auto évaluer

Contenu de l’enseignement :

– Approfondissement des acquis par reconnaissance et traitements divers des éléments de langage, enrichissement de la terminologie

– Nouvelles acquisitions d’éléments de la technique et du langage chorégraphique

– Découverte conseillée des bases d’autres disciplines de danse (ou poursuite de leur apprentissage)

– Approche d’éléments du patrimoine chorégraphique et des répertoires

– Formation musicale du danseur

– Atelier : approche pratique et/ou théorique des répertoires; de la relation musique-danse, de l’improvisation, de la composition, de l’anatomie et/ou approche de la connaissance du corps par l’AFCMD, notation du mouvement…

– Poursuite des liens avec la culture artistique et chorégraphique

– Encouragement aux travaux personnels (composition, recherche documentaire, exposés…)

Activités complémentaires :

– approche de la culture artistique et chorégraphique par le biais de la rencontre avec des événements artistiques (spectacles, expositions, concerts…)

Durée de la présence de l’élève au sein du cycle : de 3 à 5 ans

Nombre de phases : 3 au minimum

Age : à partir de 11 ans

Fourchette horaire hebdomadaire suggérée : de 5H15 à 10h00 (entre 176h et 320h annuels)

Variation Cycle 2 lien variation

Commentaire pédagogique

La variation est construite sur une musique à 7 temps.

Lors de l’introduction, la pulsation n’est pas encore identifiable, mais on peut entendre à trois reprises le son d’une cloche, cela nous permet de nous repérer dans le temps. Après chaque son de cloche on commence une nouvelle phrase dansée. 1) mouvement tête, cloche… déplacement- arrivée, 2) cloche… déplacement retour mouvement, 3) cloche… soubresaut. À partir de la marche en reculant la pulsation est identifiable.

Intention générale : jouer avec des partenaires imaginaires

La variation est composée de trois parties :

1) Introduction musicale durant laquelle on réveille les appuis avec une résonnance dans la colonne et le haut du corps.

Qualités : d’élasticité, rebond, volume par le dos et les bras.

Intentions : aller vers, découverte/accueil. Sur le retour se recentrer avant de repartir, « bounce » et petit saut pour puiser dans le sol avant de quitter sa place.

Imaginer le flux et reflux des vagues en bord de mer.

-À partir de la marche en reculant, le tama (petite percussion africaine) et le kamel’n goni (son cristallin) insufflent des qualités dynamiques de : balancé, d’élasticité, arrêt. Une circulation du mouvement se fait dans le corps entre bas/haut, haut/bas, sur tous les plans (sagittal, frontal, transversal), on évolue dans l’espace d’une diagonale à l’autre avec un regard présent et réactif.

2) Le développement se déroule sur couplet/refrain.

-Au début du couplet le mouvement est porté par le kamel’n goni, les qualités dynamiques sont : impulse/résonnance dans un jeu de tension/détente. Utiliser les changements de niveaux avec moelleux dans les appuis, et résonnances dans la colonne. Lors des mouvements de transitions par les pas de base, glisser sur jambes fléchies et garder le même niveau. Lors de la séquence au sol jouer avec le poids en alternant entre abandon et repousser.

Le refrain sur les voix, est plus dynamique et saccadé, avec des impacts. Le mouvement est plus petit, incisif, réactif.

A 1mn24s sur 4×7, les mouvements alternent entre isolations saccadées et ondulations dans une plus grande amplitude, changement d’orientation sur chaque « et 7 ». La quatrième fois 7, (orientation diagonale avant gauche), est libre en mixant les différentes possibilités d’isolations et ondulations.

3) Dans la dernière partie la prise d’espace est plus enlevée avec des changements d’orientations rapides. Retrouver la présence du regard de la première partie. Aller au bout du mouvement, jusqu’à un léger déséquilibre provoquant une accélération vers le mouvement suivant.

-Comme une réminiscence, on retrouve de temps à autres des mouvements saccadés en dialogue avec nos partenaires imaginaires.

Intentions : liberté, envol, joie, jeu. 

Sylvie DUCHESN

Cycle 3

Dans la perspective d’une pratique de la danse en amateur, ce cycle prépare au Certificat d’Etudes Chorégraphiques (CEC).

 Ce certificat sanctionne la fin des études chorégraphiques initiales.

Il est le résultat d’un parcours réussi au sein de l’établissement et invite à la prolongation ou au départ d’une pratique en amateur.

 Objectifs :

– Capacité à développer un projet artistique personnel et à s’intégrer au projet d’un groupe dans le champ de la pratique en amateur

– Autonomie dans l’appropriation de la danse, en tant que langage artistique, et dans l’expérience de l’interprétation

– Capacité à analyser des œuvres chorégraphiques

– Développement de l’endurance et approche de la virtuosité

Contenu de l’enseignement :

– Approfondissement des acquis techniques et du langage chorégraphique

– Découverte conseillée des bases d’autres disciplines de danse (ou poursuite de leur apprentissage)

– Approfondissement de la connaissance du patrimoine chorégraphique et pratique des répertoires.

– Méthodologie pour l’approche analytique des œuvres chorégraphiques

– Formation musicale du danseur

– Atelier : approche pratique et/ou théorique des répertoires; de la relation musique- danse ; de l’improvisation ; de la composition ; de l’anatomie et/ou approche de la connaissance du corps par l’AFCMD, notation du mouvement…

– Renforcement des liens avec la culture artistique et chorégraphique

Activités complémentaires :

– Travail individuel de recherche en culture chorégraphique

– Pratique du spectateur (spectacles, expositions, concerts…)

Durée de la présence de l’élève au sein du cycle : de 2 à 6 ans

Nombre de phases : 2 au minimum

Age : à partir de 14 ans

Fourchette horaire hebdomadaire suggérée : 5H30 à 12 H (entre 176h et 384h annuels)

Ainsi, pour l’examen de la fin du 3ème cycle à vocation de pratique en amateur (qui correspond à l’ancien cursus B), l’équipe pédagogique peut :

  • choisir la variation imposée dans un vidéogramme des années précédentes,
  • adapter les variations imposées pour le DEC ou DNOP d’une année précédente aux caractéristiques d’une variation destinée aux élèves d’un cycle à vocation de pratique en amateur,
  • composer la variation imposée.

Pour la fin du 3ème cycle à vocation de pratique en amateur : le jury est présidé par le (la) directeur(trice) ou par le (la) coordinateur(trice) ou directeur(trice) des études chorégraphiques, si celui(celle)-ci n’assure pas en outre les fonctions de professeur de danse dans l’établissement, assisté(e) d’au moins deux personnalités de la danse ou professeur(e)s qualifié(e)s extérieur(e)s à l’établissement, dont l’un(e) au moins est titulaire du C.A. dans la discipline considérée. Sur proposition du jury, le (la) directeur(trice) décerne à l’élève l’UV technique du certificat d’études chorégraphiques (CEC).

Les membres du jury prennent en compte le dossier de suivi des études de l’élève. Le CEC est délivré par le directeur après passage de toutes les épreuves. Il précise la discipline principale qu’il considère. 

3ème CYCLE

Dans la perspective d’orientation professionnelle, ce cycle prépare au Diplôme d’études Chorégraphiques (D.E.C)

 Ce programme est ouvert aux élèves qui ambitionnent de poursuivre leur apprentissage dans les établissements d’enseignement supérieur et/ou ayant le projet d’exercer une activité professionnelle dans le champ de l’art chorégraphique.

Objectifs :

– Accomplissement de la dimension artistique en tant que projet de réalisation personnelle

– Autonomie dans l’appropriation de la danse en tant que langage artistique et dans l’expérience de l’interprétation

– Lecture analytique et construction d’une perception critique des œuvres chorégraphiques rencontrées

– Développement de l’endurance et de la virtuosité

Contenu de l’enseignement :

– Poursuite des principaux contenus d’enseignement des cycles précédents dans la perspective d’une appropriation singulière des situations de travail rencontrées par le danseur

– Poursuite ou découverte obligatoire d’une ou plusieurs autres disciplines de danse – Approfondissement de la connaissance du patrimoine chorégraphique et pratique des répertoires

– Pratique de l’improvisation et de la composition,

– Notation du mouvement…

– Expérience de la création et de la pratique scénique

– Rencontres régulières avec des équipes artistiques professionnelles extérieures à l’établissement

– Formation musicale

– Anatomie physiologie

– Travaux personnels et collectifs

– Approche des réalités institutionnelles, sociologiques et économiques du secteur chorégraphique

– Temps de rencontres avec le théâtre, l’histoire de l’art, l’histoire de la musique – Analyse fonctionnelle du corps dans le mouvement dansé

Activités complémentaires :

– Travail individuel de recherche en culture chorégraphique

– Pratique du spectateur (spectacles, expositions, concerts…)

Age : à partir de 14 ans

Durée de la présence de l’élève au sein du cycle : de 2 à 4 ans

Nombre de phases : 2 au minimum

Volume horaire hebdomadaire minimum suggéré : 12 H (384h annuel)

Variation Cycle 3 lien variation 1 Julie Sicard

JAZZ – ÉPREUVES DE DANSE 2021 – VARIATION N°20 – FIN DU 3ÈME CYCLE, DANSEUR, BAC S2TMD OPTION DANSE, EAT, FILLE – 1ÈRE OPTION

Commentaire pédagogique

Cette variation peut être dansée par un garçon ou par une fille.

Argument musical

Création musicale originale de Matthieu Eymard et Julie Sicard avec la participation de Guem 6/8.

Formation musicale : contrebasse, piano, batterie, derbouka.

L’idée est de partir d’un univers aux couleurs jazz.

Très épuré au départ avec le vent qui emporte, l’espace sonore s’emplit progressivement de notes.

La composition musicale est complètement liée aux phrases chorégraphiques. Elles sont tout le long de la variation en question réponse.

Les percussions de Guem, les « rides » (type de cymbale) de Matthieu viennent accentuer cette relation se posant en résonance, accentuation, contre-temps, selon l’instinct et le mouvement musical et chorégraphique.

Le ternaire nous permet l’espace comme le jeu rapide des appuis.

La bande son originale de Mathieu Eymard développe un début calme, aéré, mystérieux, un milieu qui monte en puissance et un retour à l’accalmie.

Merci à « la Belle Luciole » pour son aide dans l’enregistrement des percussions de Guem.

Argument chorégraphique

« Poussé(e) par le vent, j’avance, Éveillé(e)

Les sens s’actionnent, s’affolent

Je suis à l’écoute, à l’affût

Je vais jouer »

Le danseur doit se mettre au service de ses émotions et de son instinct musical. Il doit sembler insatiable comme ces notes qui partent et reviennent, fort et colossal comme les sons très appuyés.

Le mouvement est inhérent à la composition de Matthieu Eymard et vice versa. Le corps se fait serpent, les notes joueuses.

Allant de droite à gauche, traversant l’espace, esquivant, sautant … autant d’actions qui traduisent cette excitation, ce désir d’avancer.

On peut y voir un parallèle avec la rose des vents aux 32 divisions qui corrobore l’idée du voyage physique et mental.

Les nombreux changements de directions, l’amplitude singularisent l’être qui se déplace, nomade.

Tout est relief.

Retenues, syncopes, élans, accélérations, arrêts, ruptures. La qualité du mouvement se fait sobre puis incisive insaisissable.

Ce qui entoure le danseur, dès le début de la variation, est habité. Il donne vie à l’espace en l’utilisant comme partenaire.

Prendre, repousser, caresser, ramasser, écraser, tournoyer, séduire … Les rencontres sont joyeuses.

« Ce parcours chorégraphique doit favoriser le ressenti de la liberté que la danse porte autour d’elle » tout en étant très musical.

Les éléments techniques doivent être maîtrisés, le tout consistant dans l’association de « la fougue à la propreté académique la plus scrupuleuse » dans une qualité de mouvement à chaque instant.

Bonne danse. 

Julie SICARD

 

Variation Cycle 3 lien variation 2 Patricia Karagozian

JAZZ – EPREUVES DE DANSE 2021. VARIATION N°21. FIN DU 3ÈME CYCLE, DANSEUR, BAC S2TMD OPTION DANSE, EAT, FILLE – 2ÈME OPTION (REPRISE 2019)

Cette variation est une adaptation d’un extrait de la pièce musicale et chorégraphique Unfinished Fragments au répertoire de la compagnie PGK. Pour cet extrait intitulé Seabird, la chorégraphe Patricia Greenwood Karagozian s’est inspirée d’un poème de Charis Southwell.

Collected Poems of Charis Southwell (1941-1970)

Traduction en français de Guillaume Destod

How many silent birds have winged away

the scraping of my footfall on brown rocks

Below the world in the sea, where grey

White birds sleep ? I do not know.

I know that once one stayed

And, turning wise indifferent eyes,

Watched me stumble down the cliff

And wince at the salty spray,

Waiting till I reached his side

Before he flew away.

Combien d’oiseaux silencieux ont pris l’envol At 

Au bruit de mon pied sur la roche brune

Vers la mer, sous le monde, là où

Les oiseaux gris et blancs dorment ? Je ne sais pas.

Je sais qu’une fois, l’un d’eux est resté 

Son regard balayant, sage et indifférent

Me regarda descendre la falaise en trébuchant,

Grimaçant à l’embrun salé,

Il attend que je sois à ses côtés

Avant de s’envoler.

À travers ce poème, Charis Southwell exprime le désir d’apprivoiser l’inaccessible.

Cet extrait d’Unfinished Fragments est interprété par deux danseuses, l’une qui incarne une jeune femme (qui est la poétesse) et l’autre qui incarne un oiseau (une mouette). C’est ce rôle d’oiseau qui a été adapté pour devenir aujourd’hui la variation fille option jazz 2019 cycle 3 / Examen d’Aptitude Technique.

Durant ce solo, l’autre danseuse (que nous appelons la poétesse), même si elle est absente, est toujours prise en compte, comme si elle était présente en permanence.

(Pour voir l’extrait d’origine, consulter le lien suivant : https://vimeo.com/261165287)

La musique

La création musicale de Mike Karagozian est interprétée par un quartet de jazz : piano, batterie, contrebasse et saxophone (soprano).

Le paysage du poème est illustré par cette musique : une mer rocheuse et agitée, les embruns salés, un temps gris et froid.

La mesure musicale est un 5/4 (5 temps binaire) ; le tempo est de 185 à la noire.

Cette mesure à 5 temps, la vivacité du tempo, et la dissonance harmonique créent une forte tension, une sensation d’instabilité, de mystère et de fuite.

La structure de la musique peut être considérée comme la suivante :

Première partie

• arpèges aigus au piano, représentant la fluctuation de l’eau et du vent,

• silence de 15 secondes,

• improvisation de la contrebasse à l’archet.

Deuxième partie = thème musical

Carrure = 60 mesures en tout = Introduction + A + Interlude + AA’BAA’

• introduction : 4 mesures d’ostinato à la contrebasse

• (8 mesures)

• interlude (4 mesures d’ostinato à la contrebasse)

• (8 mesures)

• A’ prime (10 mesures)

• (8 mesures)

• (8 mesures)

• A’ (10 mesures)

Troisième partie = coda

• improvisation des 4 musiciens.

Aptitudes et qualités exigées par cette variation

Sur le plan de la relation à la musique

• capacité à danser avec aisance sur une musique à 5 temps,

• capacité à phraser le mouvement en silence ou à l’oreille dans la coda finale.

Sur le plan corporel et technique

• capacité à organiser une grande prise du sol complétée par une relation forte à l’espace du haut,

• maîtrise de la coordination controlatérale,

• grande disponibilité de la colonne vertébrale,

• au niveau des appuis : qualité, rapidité, puissance et ancrage,

• capacité à créer et gérer des contrastes de tonicité,

• capacité à maintenir l’équilibre sur demi-pointe en préservant la circulation constante du flux,

• puissance et disponibilité de la jambe de terre, et gestion du relevé sur quart de pointe sur jambe pliée,

• maîtrise des tours où la forme change pendant la giration : changement de niveau, décalé de buste, barrel turn.

Sur le plan artistique et interprétatif

• capacité à nourrir son intériorité même dans l’immobilité,

• capacité à incarner un rôle, à s’imaginer dans un contexte pour nourrir la dimension sensible du geste.

Précisions concernant la variation

Espace de la variation

L’espace est marqué par des rochers imaginaires qui servent de repères spatiaux pour différents moments de la variation.

Concernant la première partie

Sur les premières notes du piano, l’oiseau tourne ses yeux vers sa gauche (P = « turning wise indifferent eyes »), puis en succession, la tête et le buste pour surveiller la poétesse qui est assise à cour.

Dans le silence qui suit, il se déplace à cour en s’approchant de la poétesse. Il se pose sur un rocher central (position 4ème parallèle sur demi-pointes) en déployant ses ailes pour effectuer des petites isolations de la tête suivies par une ondulation du buste (ceci n’est pas fixé, ni dans la forme ou dans le timing), avant de « se suspendre » en retiré parallèle. La relation de bras avec la jambe montante en retiré et la qualité du regard contribuent à la durée de cette suspension.

Le levé de la jambe gauche vers la poétesse peut coïncider avec le début de l’improvisation de la contrebasse à l’archet, mais le phrasé de mouvement n’est pas figé. Une suspension en arche précède un déplacement qui représente le sautillement d’un oiseau. Il atterrit sur un rocher en avant-scène à jardin.

Durant les quatre mesures d’ostinato à la contrebasse, l’oiseau amorce un demi-plié en position quatrième parallèle sur quart de pointe en fermant ses ailes. Le tour qui suit est initié par un twist des appuis, le buste décalé dans un deuxième temps.

Ensuite, il court pour se poser sur le rocher à jardin fond de scène.

Concernant la deuxième partie (thème musical)

Tout en surveillant la poétesse qui avance vers lui, l’oiseau recule avec des chugs. Après le chug turn en figure four (position des jambes), il quitte le rocher pour aller atterrir sur celui situé en avant-scène à jardin en faisant un saut de chat en tournant, légèrement hors de l’axe vertical.

Le grand plié en quatrième en dehors s’effectue sans poser les talons et en fermant les ailes. Après la fermeture des jambes en parallèle (genou droit à terre), le mouvement du bras droit indique la direction du déplacement à venir, en diagonale montante vers la cour ; déplacement qui se fera à nouveau dans une qualité sautillée, également avec un saut de chat en tournant.

Dans la phrase qui suit, les appuis sont très dynamiques afin que les transferts d’appuis soient très clairs et rythmiquement précis. Les impulsions des bras, de la tête et du buste cherchent les afterbeats (donc les deuxièmes ou quatrièmes temps).

Ensuite, préparation pour un double tour attitude : le premier sur jambe de terre allongée suivi par un second, sur plié en avec une inclinaison du buste.

Vient ensuite une descente à jardin en avant-scène pour préparer une diagonale en remontant et comprenant deux sauts hors de l’axe vertical.

La phrase suivante, au sol, doit favoriser les notions de rebond et de suspension.

Dans la diagonale descendante de cour à jardin, le battement en attitude seconde parallèle avec le dos en courbe permet de préparer le tour suivant (en attitude seconde parallèle) pendant lequel le buste se fléchit pendant la giration. Par la suite, il y a deux sauts hitchkick en tournant : le premier est dans le désir de voyager alors que le second doit se faire dans la recherche de la hauteur. Il y a également deux barrel turns : l’un à gauche, l’autre à droite. Il n’est pas conseillé de doubler ces tours, mais plutôt de favoriser la sortie de l’axe vertical, la qualité de suspension et le tracé des bras dans l’espace.

À la fin du thème, l’oiseau va vers la poétesse qui est assise à jardin en avant-scène, avec un geste de provocation avant de se poser sur un rocher central et rester immobile.

Concernant la troisième partie (coda)

L’oiseau regarde la poétesse qui cherche doucement à l’atteindre. Tout en lui échappant une première fois, puis une seconde en remontant dans la diagonale, il surveille la poétesse qui s’approche. Juste au moment où la poétesse arrive presque à l’attraper, l’oiseau prend sa fuite par deux chugs, puis une traversée de sauts de cour à jardin : saut de chat et jeté en quatrième avec une spirale de buste.

Dans la version scénique, l’oiseau disparaît en coulisses. Pour l’examen qui se déroulera en studio, l’interprète est invitée à se stabiliser sur deux pieds pour marquer un temps de respiration et donner une fin à la variation.

Lors de cette coda, la musique est rubato, sans mesure ni tempo fixe. L’interprète peut trouver son propre phrasé sans chercher à compter. Le son du triangle sert de repère pour amorcer la fuite à la fin de la variation.

En ce qui concerne le costume, il n’y a pas d’obligation de porter une robe.

Cette variation peut être interprétée par un garçon.

Notes d’Emmanuelle Duc, interprète de la variation

Cette variation, adaptée du tableau Seabird demande une certaine puissance pour atteindre la légèreté qui va donner sens à l’interprétation du rôle de l’oiseau.

Personnellement, lorsque je la danse, je m’appuie sur des sensations et des qualités de mouvements que permettent de générer des verbes tels que planer, se déployer, suspendre, s’équilibrer, éviter, propulser, s’envoler, amortir, observer, becqueter, se déposer…

Dans les passages rapides, il est intéressant de basculer un peu le poids du corps sur l’avant-pied (en soulevant légèrement les talons), car cela aide à la propulsion et à accéder à la vitesse du 5 temps.

La relation à la musique est importante : à l’écoute, en dialogue ou en réaction, par rapport à l’univers dans lequel nous transporte ce poème.

Dans la mesure musicale à 5 temps, la danse alterne entre des accentuations (ou impulsions) sur les 2èmes et 4èmes temps, et des attaques sur le 1er temps.

Enfin, afin de rentrer au mieux dans une interprétation dansée, le travail du regard nécessite une attention particulière : focus, spots, périphérique …